Le syndrome d'apnée obstructive du sommeil (SAOS) touche environ 5 % des adultes en France, et reste sous-diagnostiqué : la majorité des patients l'ignorent. Les ronflements bruyants, la somnolence en journée, les maux de tête au réveil et les sueurs nocturnes sont autant de signaux. Quand le diagnostic est posé, plusieurs traitements existent, dont l'orthèse d'avancée mandibulaire (OAM), réalisée par les chirurgiens-dentistes.
Qu'est-ce qu'une apnée du sommeil ?
Pendant le sommeil, les muscles des voies aériennes supérieures se relâchent. Chez certaines personnes, la langue ou le voile du palais bouchent partiellement (hypopnée) ou totalement (apnée) la trachée, interrompant la respiration pendant plus de 10 secondes. Le cerveau déclenche un micro-éveil pour rouvrir les voies aériennes. Répétés des dizaines à centaines de fois par nuit, ces micro-éveils fragmentent le sommeil et fatiguent l'organisme.
Le diagnostic, par l'ORL ou le médecin du sommeil
L'apnée se diagnostique par polygraphie ventilatoire (à domicile, simple, remboursée) ou polysomnographie (en laboratoire, complète). C'est un acte médical, jamais dentaire : le rôle du dentiste vient ensuite, comme partenaire thérapeutique. Si vous suspectez une apnée, parlez-en d'abord à votre médecin traitant qui vous orientera vers un ORL ou un pneumologue.
Les traitements, du plus léger au plus contraignant
- Mesures hygiéno-diététiques : perte de poids, arrêt du tabac et de l'alcool en soirée, position de sommeil sur le côté.
- Orthèse d'avancée mandibulaire (OAM) : pour les apnées légères à modérées (IAH 5-30) ou en cas d'intolérance à la PPC.
- Pression positive continue (PPC) : référence pour les apnées sévères, masque relié à une machine qui maintient les voies ouvertes par air comprimé.
- Chirurgie : indications rares (anomalies anatomiques, hypertrophie amygdalienne sévère).
L'orthèse d'avancée mandibulaire, comment ça marche
L'OAM est un appareil bi-maxillaire (gouttière haute + gouttière basse, liées par un mécanisme réglable) qui se porte la nuit. Son principe : avancer la mâchoire inférieure de 5 à 10 millimètres, ce qui entraîne la langue et le voile du palais vers l'avant, libérant les voies aériennes.
- Réduit l'IAH de 50 à 60 % en moyenne, parfois plus chez les bons répondeurs.
- Améliore le ronflement chez la quasi-totalité des patients.
- Diminue la somnolence diurne et les céphalées matinales.
- Pas de masque, pas de machine : confort de port supérieur à la PPC pour beaucoup.
Pour qui ?
L'OAM est indiquée pour :
- Apnée légère à modérée diagnostiquée (IAH entre 5 et 30).
- Apnée sévère en cas d'intolérance ou de refus de la PPC.
- Ronflement isolé (sans apnée mesurée mais nuisible pour le conjoint), avec une indication non remboursée.
Contre-indications : édentement important, déchaussement parodontal sévère, dysfonction de l'articulation temporo-mandibulaire active, bruxisme sévère non maîtrisé. Un bilan dentaire préalable est indispensable.
Le parcours patient au cabinet
- Étape 1, bilan dentaire et parodontal complet, vérification des contre-indications.
- Étape 2, empreinte optique 3D des arcades.
- Étape 3, livraison de l'OAM sur mesure en 3 semaines, après calibration initiale.
- Étape 4, suivi à 1 mois, 3 mois, 6 mois : ajustement progressif de l'avancée mandibulaire en fonction de l'efficacité et du confort.
- Étape 5, contrôle de l'efficacité par nouvelle polygraphie chez le médecin du sommeil, après 3 mois de port régulier.
« L'OAM, ce n'est pas une alternative au confort. Pour les bons profils, c'est le traitement de référence, plus simple, plus discret et tout aussi efficace que la PPC. »
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